Chers amis !!!
Nous avons quelque peu tardé à répondre à vos bons v½ux à l'occasion de l'année nouvelle, et nous vous remercions de vos courriers, mails, cartes etc !!! Mais nous allons essayer de rattraper ce décalage ...
Flash-back ... commun
Nous nous sommes mariés le 26 août 2006, entourés d'une trentaine d'amis, cousins, parrains, parents à la mairie, 170 à l'église et à l'apéritif et enfin, 90 à table dans la salle paroissiale d'à côté. Le soleil n'était pas de la partie, ce qui nous a empêchés de prendre l'apéritif dans le jardin, pourtant joliment décoré, et nous a obligés à nous serrer autant que possible dans la salle, elle-même déjà encombrée de tables et de chaises ... pour le repas qui allait suivre ...
Ce qui fait que nous avons été frustrés, sûrement autant que certains d'entre vous, de n'avoir pas pu plus bavarder, reprendre contact après souvent plusieurs années de silence ou d'éloignement ! Dommage !!
Le 26 août s'est terminé dans la joie et la fatigue (nous n'avons même pas dansé et du coup, pas fait non plus les petits jeux prévus pour nous connaître mieux !), et le dimanche, nous nous sommes levés calmement, chacun à son rythme : il faut dire que nous étions 7 dans la maison, sans compter les chats et chien !
La salle nous attendait ... avec son désordre, mais aussi avec de quoi nourrir encore toute une assemblée, de l'entrée jusqu'au dessert en passant par les boissons et les friandises, ce que nous n'avons pas manqué de faire : quand les cloches ont sonné la sortie du culte, nous avons invité tous ceux qui bavardaient sur les marches de l'église à venir partager, déguster, goûter, voire emporter de si bonnes choses !!!
Jamais nous n'aurions pu finir de si beaux restes tout seuls ! Et nous avons fini la semaine et le déménagement en ayant largement de quoi nous restaurer ! Tout ça grâce à vous qui nous avez aidés à confectionner les canapés, les plats, les desserts, les décors (heureusement qu'ils ne se mangeaient pas !!) et tout et tout et j'en oublie !!!
Merci encore pour tout ça !
Et depuis, le temps a filé si vite et nous avons été pris dans la découverte de nos nouveaux lieux de travail et voilà ...
Entre temps, nous avons reçu plusieurs CD de photos de ces jours magnifiques et nous vous en remercions encore chaleureusement ! Ceux d'entre vous qui n'auraient pas fait de photos sont invités à nous en demander, et nous vous les enverrons par mail de préférence ... c'est moins compliqué.
Dans les jours qui ont suivi, nous avons essayé de finir le déménagement à Bischwiller avant le 1er septembre, mais il y a tant de choses dans 218 m² de presbytère et jardin et préau et dépendances et caves et grenier ... que nous n'avons vraiment terminé que beaucoup plus tard !!! Merci à Pierre, Cyril, Emilien, Nils, Gilbert, Marlyse et d'autres encore pour leur aide !
Les 139 m² de l'appartement de B. étant insuffisants à contenir tout cela, nous avons donné au Defap une partie des canapés, chaises, fauteuils, lits ... que nous avions en trop. Franchement, le salon et les chambres ressemblaient à un dépôt de meubles, et maintenant, il y a de l'air entre les objets ! Ouf !!
L'appartement est au premier étage d'un très ancien presbytère, en face de l'église protestante, c'est un peu moins pratique pour les chats et chien, mais ils se sont habitués ! Il faut dire que Roméo est parti chez Mme l'Adjointe au Maire du Nhf, et que Nonosse était resté quelques semaines encore au presbytère, puis chez Emilien* (dans son 46 m² à Sch.), le temps que Ficelle et Arthur s'habituent ici.
Nous avions vraiment peur que la réduction de la surface ne crée encore des problèmes de bagarre entre eux, et pour nous, les bonnes odeurs du marquage de leurs territoires ! Mais tout va mieux : Roméo était vraiment provocateur, et sans lui, nos minous sont beaucoup plus calmes.
Nous avons un salon et 5 petites pièces : Monsieur a même son fumoir et son atelier - et Madame ses coins « couture - musique - petit salon - bureau - chambre d'amis » ... c'est vital pour les moments de solitude personnelle dans le tourbillon de nos activités professionnelles.
Une autre nouvelle commune et non négligeable : nous avons acquis une petite maison alsacienne avec un petit jardin, dans un petit (ben oui) village alsacien entre Haguenau et Saverne. Une taille à notre mesure : environ 100 m², des travaux, mais pas trop, 32 km du travail de M. et 45 environ de celui de JM. Mais nous avons trois ans pour l'habiter, ensuite, il n'ira pas tous les jours, et pour l'instant, ça nous semble jouable. Quand vous viendrez, on vous montrera !
Pourquoi maintenant ? A la retraite de Martine dans quelques années ( !), nous n'aurons plus de logement de fonction, plus qu'un salaire et ½, et moins de forces : il était temps de nous y mettre. C'est chose faite. Nous nous réjouissons beaucoup d'aménager ce petit nid à notre guise....
Venons-en aux nouvelles de chacun : Martine
J'ai donc commencé le 1/9 un travail d'Aumônier à la Fondation protestante Sonnenhof, un véritable village dans la ville, lieu d'accueil pour personnes handicapées mentales, avec ou sans handicap moteur associé : il y a une dizaine de maisons - unités à Bischwiller même, sans compter les sites « extérieurs », comme les ESAT (nouvelle appellation pour les CAT) de Reichshoffen et Hoerdt, de l'hébergement à Oberhoffen, et à Marmoutier. Sans compter les lieux de résidence un peu ou tout à fait indépendants pour les personnes « débrouillées », qui sont suivies par un SAVS (Service d'accompagnement à la vie sociale).
Il y aura de nouvelles unités encore, comme l'ex-maison des S½urs à Erckartswiller, à Soultz sous forêts, et une deuxième résidence pour personnes polyhandicapées âgées à Marmoutier.
On pourrait croire qu'avec les progrès de la médecine, il y aurait moins de handicap, mais non : les jeunes sont souvent des enfants prématurés « récupérés », à la grande joie des parents, mais avec des conséquences qu'on ne mesure pas toujours à ce moment là ... Et à l'autre bout de la chaîne, nous gagnons tous en longévité ... et les personnes handicapées aussi !! Et les accidents de la vie sont toujours possibles : méningites, maltraitance(s) ...
La demande est donc sans cesse en train de grandir, et les structures essaient d'accueillir le plus de monde possible ... ce qui n'est pas sans causer de problèmes et de nostalgie pour les anciens : « On ne se connaît plus entre nous, le personnel change, le règlement se complique .... »
J'assure donc (seule ... pas d'aumônier catholique ni musulman) une présence et un travail « transversal » pour les résidents et personnels de toutes ces « maisons », ce qui représente (pour l'instant ...) environ 550 employés divers pour environ 600 « internes » et « externes ».
Les usagers sont soit polyhandicapés, soit travailleurs ESAT, soit encore entre les deux, c'est-à-dire pas tout à fait aptes à travailler mais tout de même pas gravement atteints. Ces derniers passent leur journée dans des ateliers dits « occupationnels » et à de multiples activités ludiques, toutes destinées à stimuler leurs capacités, en vue d'une plus grande autonomie (soins – agilité – habileté – motricité etc ... ) et d'un plus grand bien être possible.
Les résidents ont entre 6 et 85 ans, sont répartis entre jeunes et adultes, dans des groupes de 6 -10 personnes, avec entre 6 et 10 employés à leur service 24/24h. Le personnel ne réside pas sur place, travaille 35h/semaine et n'est pas forcément protestant ! Les résidents non plus d'ailleurs : 50/50 protestants catholiques et pour l'instant, environ 5 % de musulmans. Mais tous sont réunis dans les activités cultuelles et catéchétiques instituées, c'est-à-dire entre 1h et 3h par semaine, selon les groupes.
Pour ce qui est des adultes, je ne vois pas tout le monde : ils sont volontaires ... ou pas ! Mais la plupart aime venir à la chapelle et en réclame ! Les horaires sont pour eux des repères importants, au même titre que manger, dormir, promener, vélo, etc ...
Je vais dans certains groupes ou Unités entières pour chanter (par exemple chez les polyhandicapés) des chants plutôt religieux, je m'accompagne à la guitare et les résidents s'accompagnent avec des percussions très variées : ça donne une bonne ambiance, des cris de joie lorsque l'un ou l'autre reconnaît le chant, et les bienfaits de cette musicothérapie un peu « orientée » ne sont plus à prouver.
Pour les autres, sont proposé des temps à la chapelle ou de partage dans les groupes, ou des sorties en paroisse, etc. La créativité peut s'exercer librement ! Et enfin, je fais partie du Comité de Direction, et là aussi, j'ai une grande liberté de parole : c'est moi qui vais faire réfléchir tout ce petit monde à la « récupération des déchets » par exemple, une réflexion pratico – éthique !
Et entre autres, voilà ce qui change pour une pastourelle de paroisse : le travail est structuré, se fait en équipe, les bricolages sont partagés, la foi fait partie des convictions des fondateurs, et elle est inscrite dans la charte de la Fondation.
Concrètement, le thème de l'année et les plannings sont, en gros, fixés ... pour l'année. Voilà qui laisse de la marge pour d'autres choses ! Je vais aussi, de temps à autre, partager le repas des groupes (histoire de faire connaissance un peu mieux et de manière un peu « rapprochée ») et du personnel.
J'ai re-commencé à monter une chorale pour le personnel et avec un autre, nous recommençons une chorale pour les résidents. Les musiciens sont nombreux (vu le nombre des employés ...), et les grands cultes mensuels pour les unités ou la fondation tout entière sont souvent accompagnés par un-e pianiste ou des guitaristes ou une flûtiste, etc.
Je ne suis enfin plus TOUT PARTOUT TOUT LE TEMPS ! Je sais quand je commence parce que je sais quand je termine ! Et si je reste parfois jusqu'à 21h au bureau, c'est pour m'avancer dans mon travail : je n'emporte rien à la maison. Personne ne vient sonner à la maison, ni nous visiter, ni nous demander quoi que ce soit : l'espace familial est préservé. La joie est des deux côtés, mais tout n'est plus mélangé : c'est plus structurant parce que plus structuré qu'en paroisse. Et les gens ont une vraie demande, ce qui ne gâche rien ! On me hèle volontiers de l'autre bout d'une cour : « Salut Martine ! » ou bien on me serre dans ses bras « Martine, je t'aiaiaime » ou « Martine, tu es bèèelle » !
Dans l'ensemble, je me sens bien à l'aise et à ma place ici, le plaisir est grand, je m'épanouis, je me découvre dans ce contexte que d'autres trouveraient difficile (ce n'est pas une critique). Un rôle polyvalent et créatif.
Décidément, la paroisse était peut-être trop « dispersée » pour moi qui ai déjà naturellement une tendance à la dispersion. Là je trouve un cadre, des limites, des rails, et quand même beaucoup de liberté de parole et d'action.
Les semaines sont denses et intenses, les activités s'enchaînent heure par heure certains jours, il faut le vélo pour ne pas trop user ses semelles (et ses jambes !) ou bien il faut prendre une voiture de service pour aller sur un site distant (entre 20 et 60 km aller). Les journées font souvent 9h – 21h, mais hors Sonnenhof, c'est perso ... !! (Sauf certains week-ends ... obligations, formation, cultes ailleurs ...).
A propos de loisirs, j'ai intégré l'école de musique de Haguenau pour mes cours d'alto, et l'orchestre symphonique dirigé par mon prof aussi ! Quel plaisir ! Comme à Illkirch, nous sommes quelques adultes parmi des jeunes, et les générations jouent volontiers ensemble : ma co-altiste n'a pas encore 14 ans ... elle a plus de pratique que moi (11 ans elle et 4,5 pour moi ...) et me donne des tuyaux ... Il y a plusieurs papas et mamans qui viennent jouer en même temps que leur ado, et c'est très sympa. Actuellement, nous remettons de notre concert du 25 mars (entre autres, la musique du film « Pirate des Caraïbes », quel défi et quel plaisir !) ... et nous préparerons bientôt la musique du film « La liste de Schindler » pour les cordes seules, et d'autres pièces ... pour tout l'orchestre ! C'était tellement bien, que nous avons eu droit à un rappel et même plusieurs propositions pour jouer en 2008 !!!
A part ça, et comme le ménage est beaucoup plus vite fait qu'à Strasbourg, j'ai le temps de lire, de me balader (un peu) avec Newton, tricoter (ça faisait longtemps !!!), bricoler, skier avec le Doudou à La Bresse, des jeux, etc ...
Je ne vais pas souvent au culte des dimanches, ... il faut le dire, mais quand j'en ressens le besoin, j'ai un choix immense (comme mes contemporains, je zappe ...) entre Bischwiller, Noël à Haguenau, et maintenant Pfaff' ou notre village un jour ... Je veux bien rendre service encore, mais j'essaie de ne faire qu'une seule « chose » professionnelle par week-end, maxi (mais parfois, ça dépasse les bonnes résolutions). Le repos est une des sources de renouvellement, et il y a trop de gens « usés » par leur vie professionnelle, et tout particulièrement dans le club des professions dites « vocationnelles ». Voilà, je pense que j'ai dit à peu près où j'en suis, l'avenir est l'à venir !!
Jean-Marc
Hello, bonjour à tous, je suis ravi de vous écrire ces quelques mots pour vous donner de bonnes nouvelles :
Après avoir terminé mes trois années d'études, j'ai obtenu mon diplôme d'éducateur spécialisé, et j'ai trouvé un job dans un foyer qui accueille des enfants placés par voie administrative ou judiciaire. Nous sommes trois éducateurs pour 7 jeunes de 11 à 17 ans, dans une maison qui a un couple résident ; nous fonctionnons à tour de rôle, chacun une journée. Cela va entre 18h de présence à 24h de présence d'affilée (nuit comprise), selon que nous sommes en période scolaire ou pendant les jours "fériés". Mais après, nous avons en moyenne deux journées de récupération. Parfois, ce n'est pas de trop !
Initialement, je souhaitais trouver un emploi plutôt orienté vers des activités de rue (prévention spécialisée) ou vers des interventions auprès d'adultes. Mais je sens que je suis bien là où je suis, pour apprendre les bases du métier...
Il me faut aussi apprendre à être bien plus autoritaire que je ne l'étais spontanément. Cet apprentissage a été difficile pour moi dans les premiers mois. J'avais l'impression de faire peser sur les enfants des privations dont j'aurais aimé qu'ils soient soulagés. Mais ce qui est possible dans un environnement où les enfants sont protégés, aimés, entourés d'attention depuis leur naissance n'a pas de sens pour des enfants qui ont subi de lourdes carences affectives, qui ont été habitués à être manipulés, à servir de réconfort pour le malaise des adultes... Quand on fait des dérogations aux règles instituées... ils sont perdus, ils s'imaginent qu'on cherche à leur plaire, et donc qu'on attend quelque chose d'eux en retour. Et on se retrouve aux prises avec les lois de la rue !
Je me dis que cet apprentissage de l'autorité est un passage obligé pour tout éducateur, même si d'autres approches sont parfois davantage souhaitables dans d'autres lieux, partout où c'est possible. Mais là, si je ne suis pas un minimum autoritaire, le chahut s'installe sans autre limite que la casse du mobilier,... ou l'agression physique de plus jeunes : cela peut aller loin. Je découvre alors que la parole ne suffit pas toujours, et que l'intervention physique est parfois nécessaire. Une fois que je me suis davantage "imposé", que j'ai précisé en le montrant ce que je veux et ce que je ne veux pas, alors la parole peut suffire.
Cela ne m'empêche pas de prendre du recul par rapport à ce que je fais, pour veiller à ne pas être injuste, oppressif, ni dictateur, et pour tenter de repérer tout ce qui est à accueillir et à comprendre chez chacun.
Finalement, je suis assez heureux dans ce travail. Accompagner des enfants au quotidien, les suivre jour après jour, leur permettre d'avoir la vie la plus épanouie possible en tenant compte aussi de tout ce qui est difficile pour eux, cela me donne une perspective à tout le travail que je pourrai faire dans le social. Par ailleurs, nous avons un certain nombre de réunions qui nous permettent de travailler en profondeur à propos de chacun des enfants. Nous ne nous contentons certes pas de "les faire obéir". Nous sommes avant tout attentifs à ce qu'ils vivent, à ce qu'ils manifestent, et à nous poser la question de ce qu'ils "désirent" vraiment, même si ce n'est pas toujours évident de le déceler.
Et puis, pour être bassement matériel, le fait d'avoir des journées complètes de tranquillité, c'est un plus pour moi. Et dans "notre maison", je pourrai me convertir en super-bricoleur et y passer le temps nécessaire pour la remettre en état.
La doudoue m'a offert des livres de bricolage professionnels, j'en ai acquis quelques uns aussi... Pour le moment, j'apprends des trucs sur le chauffage géothermique, l'installation électrique, l'isolation. Nous verrons ce à quoi je peux participer et ce qu'il faut laisser aux professionnels.
Nous vous disons à bientôt et vous embrassons tous bien fort.
Les Doudous
Nous avons quelque peu tardé à répondre à vos bons v½ux à l'occasion de l'année nouvelle, et nous vous remercions de vos courriers, mails, cartes etc !!! Mais nous allons essayer de rattraper ce décalage ...
Flash-back ... commun
Nous nous sommes mariés le 26 août 2006, entourés d'une trentaine d'amis, cousins, parrains, parents à la mairie, 170 à l'église et à l'apéritif et enfin, 90 à table dans la salle paroissiale d'à côté. Le soleil n'était pas de la partie, ce qui nous a empêchés de prendre l'apéritif dans le jardin, pourtant joliment décoré, et nous a obligés à nous serrer autant que possible dans la salle, elle-même déjà encombrée de tables et de chaises ... pour le repas qui allait suivre ...
Ce qui fait que nous avons été frustrés, sûrement autant que certains d'entre vous, de n'avoir pas pu plus bavarder, reprendre contact après souvent plusieurs années de silence ou d'éloignement ! Dommage !!
Le 26 août s'est terminé dans la joie et la fatigue (nous n'avons même pas dansé et du coup, pas fait non plus les petits jeux prévus pour nous connaître mieux !), et le dimanche, nous nous sommes levés calmement, chacun à son rythme : il faut dire que nous étions 7 dans la maison, sans compter les chats et chien !
La salle nous attendait ... avec son désordre, mais aussi avec de quoi nourrir encore toute une assemblée, de l'entrée jusqu'au dessert en passant par les boissons et les friandises, ce que nous n'avons pas manqué de faire : quand les cloches ont sonné la sortie du culte, nous avons invité tous ceux qui bavardaient sur les marches de l'église à venir partager, déguster, goûter, voire emporter de si bonnes choses !!!
Jamais nous n'aurions pu finir de si beaux restes tout seuls ! Et nous avons fini la semaine et le déménagement en ayant largement de quoi nous restaurer ! Tout ça grâce à vous qui nous avez aidés à confectionner les canapés, les plats, les desserts, les décors (heureusement qu'ils ne se mangeaient pas !!) et tout et tout et j'en oublie !!!
Merci encore pour tout ça !
Et depuis, le temps a filé si vite et nous avons été pris dans la découverte de nos nouveaux lieux de travail et voilà ...
Entre temps, nous avons reçu plusieurs CD de photos de ces jours magnifiques et nous vous en remercions encore chaleureusement ! Ceux d'entre vous qui n'auraient pas fait de photos sont invités à nous en demander, et nous vous les enverrons par mail de préférence ... c'est moins compliqué.
Dans les jours qui ont suivi, nous avons essayé de finir le déménagement à Bischwiller avant le 1er septembre, mais il y a tant de choses dans 218 m² de presbytère et jardin et préau et dépendances et caves et grenier ... que nous n'avons vraiment terminé que beaucoup plus tard !!! Merci à Pierre, Cyril, Emilien, Nils, Gilbert, Marlyse et d'autres encore pour leur aide !
Les 139 m² de l'appartement de B. étant insuffisants à contenir tout cela, nous avons donné au Defap une partie des canapés, chaises, fauteuils, lits ... que nous avions en trop. Franchement, le salon et les chambres ressemblaient à un dépôt de meubles, et maintenant, il y a de l'air entre les objets ! Ouf !!
L'appartement est au premier étage d'un très ancien presbytère, en face de l'église protestante, c'est un peu moins pratique pour les chats et chien, mais ils se sont habitués ! Il faut dire que Roméo est parti chez Mme l'Adjointe au Maire du Nhf, et que Nonosse était resté quelques semaines encore au presbytère, puis chez Emilien* (dans son 46 m² à Sch.), le temps que Ficelle et Arthur s'habituent ici.
Nous avions vraiment peur que la réduction de la surface ne crée encore des problèmes de bagarre entre eux, et pour nous, les bonnes odeurs du marquage de leurs territoires ! Mais tout va mieux : Roméo était vraiment provocateur, et sans lui, nos minous sont beaucoup plus calmes.
Nous avons un salon et 5 petites pièces : Monsieur a même son fumoir et son atelier - et Madame ses coins « couture - musique - petit salon - bureau - chambre d'amis » ... c'est vital pour les moments de solitude personnelle dans le tourbillon de nos activités professionnelles.
Une autre nouvelle commune et non négligeable : nous avons acquis une petite maison alsacienne avec un petit jardin, dans un petit (ben oui) village alsacien entre Haguenau et Saverne. Une taille à notre mesure : environ 100 m², des travaux, mais pas trop, 32 km du travail de M. et 45 environ de celui de JM. Mais nous avons trois ans pour l'habiter, ensuite, il n'ira pas tous les jours, et pour l'instant, ça nous semble jouable. Quand vous viendrez, on vous montrera !
Pourquoi maintenant ? A la retraite de Martine dans quelques années ( !), nous n'aurons plus de logement de fonction, plus qu'un salaire et ½, et moins de forces : il était temps de nous y mettre. C'est chose faite. Nous nous réjouissons beaucoup d'aménager ce petit nid à notre guise....
Venons-en aux nouvelles de chacun : Martine
J'ai donc commencé le 1/9 un travail d'Aumônier à la Fondation protestante Sonnenhof, un véritable village dans la ville, lieu d'accueil pour personnes handicapées mentales, avec ou sans handicap moteur associé : il y a une dizaine de maisons - unités à Bischwiller même, sans compter les sites « extérieurs », comme les ESAT (nouvelle appellation pour les CAT) de Reichshoffen et Hoerdt, de l'hébergement à Oberhoffen, et à Marmoutier. Sans compter les lieux de résidence un peu ou tout à fait indépendants pour les personnes « débrouillées », qui sont suivies par un SAVS (Service d'accompagnement à la vie sociale).
Il y aura de nouvelles unités encore, comme l'ex-maison des S½urs à Erckartswiller, à Soultz sous forêts, et une deuxième résidence pour personnes polyhandicapées âgées à Marmoutier.
On pourrait croire qu'avec les progrès de la médecine, il y aurait moins de handicap, mais non : les jeunes sont souvent des enfants prématurés « récupérés », à la grande joie des parents, mais avec des conséquences qu'on ne mesure pas toujours à ce moment là ... Et à l'autre bout de la chaîne, nous gagnons tous en longévité ... et les personnes handicapées aussi !! Et les accidents de la vie sont toujours possibles : méningites, maltraitance(s) ...
La demande est donc sans cesse en train de grandir, et les structures essaient d'accueillir le plus de monde possible ... ce qui n'est pas sans causer de problèmes et de nostalgie pour les anciens : « On ne se connaît plus entre nous, le personnel change, le règlement se complique .... »
J'assure donc (seule ... pas d'aumônier catholique ni musulman) une présence et un travail « transversal » pour les résidents et personnels de toutes ces « maisons », ce qui représente (pour l'instant ...) environ 550 employés divers pour environ 600 « internes » et « externes ».
Les usagers sont soit polyhandicapés, soit travailleurs ESAT, soit encore entre les deux, c'est-à-dire pas tout à fait aptes à travailler mais tout de même pas gravement atteints. Ces derniers passent leur journée dans des ateliers dits « occupationnels » et à de multiples activités ludiques, toutes destinées à stimuler leurs capacités, en vue d'une plus grande autonomie (soins – agilité – habileté – motricité etc ... ) et d'un plus grand bien être possible.
Les résidents ont entre 6 et 85 ans, sont répartis entre jeunes et adultes, dans des groupes de 6 -10 personnes, avec entre 6 et 10 employés à leur service 24/24h. Le personnel ne réside pas sur place, travaille 35h/semaine et n'est pas forcément protestant ! Les résidents non plus d'ailleurs : 50/50 protestants catholiques et pour l'instant, environ 5 % de musulmans. Mais tous sont réunis dans les activités cultuelles et catéchétiques instituées, c'est-à-dire entre 1h et 3h par semaine, selon les groupes.
Pour ce qui est des adultes, je ne vois pas tout le monde : ils sont volontaires ... ou pas ! Mais la plupart aime venir à la chapelle et en réclame ! Les horaires sont pour eux des repères importants, au même titre que manger, dormir, promener, vélo, etc ...
Je vais dans certains groupes ou Unités entières pour chanter (par exemple chez les polyhandicapés) des chants plutôt religieux, je m'accompagne à la guitare et les résidents s'accompagnent avec des percussions très variées : ça donne une bonne ambiance, des cris de joie lorsque l'un ou l'autre reconnaît le chant, et les bienfaits de cette musicothérapie un peu « orientée » ne sont plus à prouver.
Pour les autres, sont proposé des temps à la chapelle ou de partage dans les groupes, ou des sorties en paroisse, etc. La créativité peut s'exercer librement ! Et enfin, je fais partie du Comité de Direction, et là aussi, j'ai une grande liberté de parole : c'est moi qui vais faire réfléchir tout ce petit monde à la « récupération des déchets » par exemple, une réflexion pratico – éthique !
Et entre autres, voilà ce qui change pour une pastourelle de paroisse : le travail est structuré, se fait en équipe, les bricolages sont partagés, la foi fait partie des convictions des fondateurs, et elle est inscrite dans la charte de la Fondation.
Concrètement, le thème de l'année et les plannings sont, en gros, fixés ... pour l'année. Voilà qui laisse de la marge pour d'autres choses ! Je vais aussi, de temps à autre, partager le repas des groupes (histoire de faire connaissance un peu mieux et de manière un peu « rapprochée ») et du personnel.
J'ai re-commencé à monter une chorale pour le personnel et avec un autre, nous recommençons une chorale pour les résidents. Les musiciens sont nombreux (vu le nombre des employés ...), et les grands cultes mensuels pour les unités ou la fondation tout entière sont souvent accompagnés par un-e pianiste ou des guitaristes ou une flûtiste, etc.
Je ne suis enfin plus TOUT PARTOUT TOUT LE TEMPS ! Je sais quand je commence parce que je sais quand je termine ! Et si je reste parfois jusqu'à 21h au bureau, c'est pour m'avancer dans mon travail : je n'emporte rien à la maison. Personne ne vient sonner à la maison, ni nous visiter, ni nous demander quoi que ce soit : l'espace familial est préservé. La joie est des deux côtés, mais tout n'est plus mélangé : c'est plus structurant parce que plus structuré qu'en paroisse. Et les gens ont une vraie demande, ce qui ne gâche rien ! On me hèle volontiers de l'autre bout d'une cour : « Salut Martine ! » ou bien on me serre dans ses bras « Martine, je t'aiaiaime » ou « Martine, tu es bèèelle » !
Dans l'ensemble, je me sens bien à l'aise et à ma place ici, le plaisir est grand, je m'épanouis, je me découvre dans ce contexte que d'autres trouveraient difficile (ce n'est pas une critique). Un rôle polyvalent et créatif.
Décidément, la paroisse était peut-être trop « dispersée » pour moi qui ai déjà naturellement une tendance à la dispersion. Là je trouve un cadre, des limites, des rails, et quand même beaucoup de liberté de parole et d'action.
Les semaines sont denses et intenses, les activités s'enchaînent heure par heure certains jours, il faut le vélo pour ne pas trop user ses semelles (et ses jambes !) ou bien il faut prendre une voiture de service pour aller sur un site distant (entre 20 et 60 km aller). Les journées font souvent 9h – 21h, mais hors Sonnenhof, c'est perso ... !! (Sauf certains week-ends ... obligations, formation, cultes ailleurs ...).
A propos de loisirs, j'ai intégré l'école de musique de Haguenau pour mes cours d'alto, et l'orchestre symphonique dirigé par mon prof aussi ! Quel plaisir ! Comme à Illkirch, nous sommes quelques adultes parmi des jeunes, et les générations jouent volontiers ensemble : ma co-altiste n'a pas encore 14 ans ... elle a plus de pratique que moi (11 ans elle et 4,5 pour moi ...) et me donne des tuyaux ... Il y a plusieurs papas et mamans qui viennent jouer en même temps que leur ado, et c'est très sympa. Actuellement, nous remettons de notre concert du 25 mars (entre autres, la musique du film « Pirate des Caraïbes », quel défi et quel plaisir !) ... et nous préparerons bientôt la musique du film « La liste de Schindler » pour les cordes seules, et d'autres pièces ... pour tout l'orchestre ! C'était tellement bien, que nous avons eu droit à un rappel et même plusieurs propositions pour jouer en 2008 !!!
A part ça, et comme le ménage est beaucoup plus vite fait qu'à Strasbourg, j'ai le temps de lire, de me balader (un peu) avec Newton, tricoter (ça faisait longtemps !!!), bricoler, skier avec le Doudou à La Bresse, des jeux, etc ...
Je ne vais pas souvent au culte des dimanches, ... il faut le dire, mais quand j'en ressens le besoin, j'ai un choix immense (comme mes contemporains, je zappe ...) entre Bischwiller, Noël à Haguenau, et maintenant Pfaff' ou notre village un jour ... Je veux bien rendre service encore, mais j'essaie de ne faire qu'une seule « chose » professionnelle par week-end, maxi (mais parfois, ça dépasse les bonnes résolutions). Le repos est une des sources de renouvellement, et il y a trop de gens « usés » par leur vie professionnelle, et tout particulièrement dans le club des professions dites « vocationnelles ». Voilà, je pense que j'ai dit à peu près où j'en suis, l'avenir est l'à venir !!
Jean-Marc
Hello, bonjour à tous, je suis ravi de vous écrire ces quelques mots pour vous donner de bonnes nouvelles :
Après avoir terminé mes trois années d'études, j'ai obtenu mon diplôme d'éducateur spécialisé, et j'ai trouvé un job dans un foyer qui accueille des enfants placés par voie administrative ou judiciaire. Nous sommes trois éducateurs pour 7 jeunes de 11 à 17 ans, dans une maison qui a un couple résident ; nous fonctionnons à tour de rôle, chacun une journée. Cela va entre 18h de présence à 24h de présence d'affilée (nuit comprise), selon que nous sommes en période scolaire ou pendant les jours "fériés". Mais après, nous avons en moyenne deux journées de récupération. Parfois, ce n'est pas de trop !
Initialement, je souhaitais trouver un emploi plutôt orienté vers des activités de rue (prévention spécialisée) ou vers des interventions auprès d'adultes. Mais je sens que je suis bien là où je suis, pour apprendre les bases du métier...
Il me faut aussi apprendre à être bien plus autoritaire que je ne l'étais spontanément. Cet apprentissage a été difficile pour moi dans les premiers mois. J'avais l'impression de faire peser sur les enfants des privations dont j'aurais aimé qu'ils soient soulagés. Mais ce qui est possible dans un environnement où les enfants sont protégés, aimés, entourés d'attention depuis leur naissance n'a pas de sens pour des enfants qui ont subi de lourdes carences affectives, qui ont été habitués à être manipulés, à servir de réconfort pour le malaise des adultes... Quand on fait des dérogations aux règles instituées... ils sont perdus, ils s'imaginent qu'on cherche à leur plaire, et donc qu'on attend quelque chose d'eux en retour. Et on se retrouve aux prises avec les lois de la rue !
Je me dis que cet apprentissage de l'autorité est un passage obligé pour tout éducateur, même si d'autres approches sont parfois davantage souhaitables dans d'autres lieux, partout où c'est possible. Mais là, si je ne suis pas un minimum autoritaire, le chahut s'installe sans autre limite que la casse du mobilier,... ou l'agression physique de plus jeunes : cela peut aller loin. Je découvre alors que la parole ne suffit pas toujours, et que l'intervention physique est parfois nécessaire. Une fois que je me suis davantage "imposé", que j'ai précisé en le montrant ce que je veux et ce que je ne veux pas, alors la parole peut suffire.
Cela ne m'empêche pas de prendre du recul par rapport à ce que je fais, pour veiller à ne pas être injuste, oppressif, ni dictateur, et pour tenter de repérer tout ce qui est à accueillir et à comprendre chez chacun.
Finalement, je suis assez heureux dans ce travail. Accompagner des enfants au quotidien, les suivre jour après jour, leur permettre d'avoir la vie la plus épanouie possible en tenant compte aussi de tout ce qui est difficile pour eux, cela me donne une perspective à tout le travail que je pourrai faire dans le social. Par ailleurs, nous avons un certain nombre de réunions qui nous permettent de travailler en profondeur à propos de chacun des enfants. Nous ne nous contentons certes pas de "les faire obéir". Nous sommes avant tout attentifs à ce qu'ils vivent, à ce qu'ils manifestent, et à nous poser la question de ce qu'ils "désirent" vraiment, même si ce n'est pas toujours évident de le déceler.
Et puis, pour être bassement matériel, le fait d'avoir des journées complètes de tranquillité, c'est un plus pour moi. Et dans "notre maison", je pourrai me convertir en super-bricoleur et y passer le temps nécessaire pour la remettre en état.
La doudoue m'a offert des livres de bricolage professionnels, j'en ai acquis quelques uns aussi... Pour le moment, j'apprends des trucs sur le chauffage géothermique, l'installation électrique, l'isolation. Nous verrons ce à quoi je peux participer et ce qu'il faut laisser aux professionnels.
Nous vous disons à bientôt et vous embrassons tous bien fort.
Les Doudous




